Skip to content

Mise en œuvre opérationnelle (clauses 7 et 8)

Bonne lecture et bon apprentissage ! Junior TSAFACK – 19/10/2026 ⏱️ Temps de lecture estimé : 12 minutes


Un SMSI se construit comme un projet, avec un sponsor (le directeur général), un chef de projet (l’ingénieur SSI), un budget et des jalons.

Phase Mois Activités Livrables
0. Cadrage 1 Lettre de mission du DG, état des lieux (gap analysis) face à ISO 27001 Rapport d’écarts, budget, planning
1. Fondations 2 – 4 Contexte, périmètre, politique, rôles, méthode de risques Chapitres 2 et 3
2. Risques 4 – 6 Ateliers avec les métiers, registre, plan de traitement, SoA v1 Chapitres 4 et 5
3. Déploiement 6 – 13 Mise en œuvre des contrôles prioritaires, procédures, formation, fournisseurs, continuité Contrôles en place, preuves
4. Vérification 12 – 15 Indicateurs, audit interne complet, revue de direction Rapport d’audit interne, PV de revue
5. Certification 16 – 18 Audit de certification (étapes 1 et 2), traitement des écarts Certificat

Première action concrète : évaluer chaque exigence des clauses 4 à 10 et chaque contrôle de l’annexe A sur une échelle de maturité.

Niveau Signification
0 Inexistant
1 Pratiques informelles, dépendant des personnes
2 Pratique répétée mais non documentée
3 Documenté et appliqué
4 Mesuré et piloté par des indicateurs
5 Amélioré en continu

Résultat chez KamaPay au démarrage : clauses 4 à 10 : 1,4 / 5 en moyenne (pas de système de management), annexe A : 2,3 / 5 (beaucoup de contrôles techniques existent mais ne sont pas documentés). L’objectif pour la certification est d’atteindre au moins 3 partout.


Les informations documentées obligatoires

Section titled “Les informations documentées obligatoires”

ISO 27001 exige explicitement certains documents. Voici la liste à vérifier avant tout audit :

Clause Document exigé
4.3 Périmètre du SMSI
5.2 Politique de sécurité de l’information
6.1.2 Processus d’appréciation des risques
6.1.3 Processus de traitement des risques
6.1.3 d Déclaration d’applicabilité
6.2 Objectifs de sécurité de l’information
7.2 Preuves de compétence
7.5.1 Informations documentées jugées nécessaires par l’organisation
8.1 Informations sur la planification et la maîtrise opérationnelles
8.2 Résultats des appréciations des risques
8.3 Résultats du traitement des risques
9.1 Preuves de surveillance et de mesure
9.2 Programme d’audit et résultats d’audit
9.3 Résultats des revues de direction
10.2 Non-conformités, actions entreprises et résultats des actions correctives

💡 Gérez ces documents dans un outil avec versions, approbations et dates de revue (GED, wiki avec workflow, ou outil GRC). Un auditeur vérifie toujours qu’un document est à jour et approuvé.


Sensibilisation et formation (7.2, 7.3 et A.6.3)

Section titled “Sensibilisation et formation (7.2, 7.3 et A.6.3)”

Dans un établissement de paiement, le facteur humain dépasse largement les salariés : les agents et les clients sont les premières cibles des fraudeurs.

Public Objectif Format Fréquence Indicateur
Tous les salariés Réflexes de base, signalement Module en ligne de 30 min + quiz Annuelle + à l’arrivée Taux de complétion ≥ 95 %
Salariés — simulations d’hameçonnage Détecter les courriels piégés Campagnes simulées Trimestrielle Taux de clic < 5 %, taux de signalement > 60 %
Back-office et service client Fraude interne, ingénierie sociale par téléphone, protection des données KYC Atelier avec cas réels Semestrielle Erreurs détectées en contrôle qualité
Développeurs Développement et API sécurisés Formation technique Annuelle Vulnérabilités détectées en revue de code
Agents Ne jamais communiquer de code, reconnaître les faux contrôleurs, signaler Fiches illustrées, messages dans l’app agent, sessions par les superviseurs Continue Fraudes signalées par les agents
Clients « Personne de chez nous ne vous demandera votre code » SMS, radio, réseaux sociaux, messages dans l’app Campagnes trimestrielles Plaintes pour fraude par ingénierie sociale
Direction Enjeux, responsabilités, gestion de crise Briefing + exercice sur table Annuelle Participation

La gestion des fournisseurs critiques (A.5.19 à A.5.23)

Section titled “La gestion des fournisseurs critiques (A.5.19 à A.5.23)”
Criticité Critères Exemples Exigences
Critique Accès aux données sensibles ou à la production, ou indisponibilité = arrêt du service Éditeur de la plateforme, hébergeur cloud, opérateur télécom, banques partenaires Clauses sécurité complètes, rapport ISAE 3402 / SOC 2 ou audit, revue annuelle
Important Accès limité ou service contournable Prestataire SOC, éditeur anti-fraude Questionnaire sécurité, clauses standard
Standard Pas d’accès au SI Fournitures, nettoyage Clauses de confidentialité

Les clauses sécurité minimales d’un contrat critique

Section titled “Les clauses sécurité minimales d’un contrat critique”
  • Respect de la politique de sécurité de KamaPay ou d’un référentiel équivalent (ISO 27001 certifié de préférence)
  • Notification des incidents dans un délai court (ex. 24 h)
  • Droit d’audit, ou fourniture annuelle d’un rapport d’assurance indépendant
  • Localisation et réversibilité des données
  • Accès distant uniquement via le bastion, comptes nominatifs, MFA
  • Gestion de la sous-traitance en cascade
  • Continuité : engagements de reprise compatibles avec les RTO/RPO de KamaPay

💡 Un rapport ISAE 3402 type II (ou SOC 1/SOC 2 type II) atteste que les contrôles d’un prestataire ont fonctionné sur une période (souvent 6 à 12 mois), pas seulement qu’ils existent. Pensez à lire la section des contrôles complémentaires attendus chez le client (CUEC) : ce sont des contrôles que vous devez appliquer. Voir aussi le chapitre sur les rapports SOC.


La gestion des incidents comme processus du SMSI

Section titled “La gestion des incidents comme processus du SMSI”

Le module 16 détaille la réponse opérationnelle. Dans le SMSI, l’ingénieur SSI en tient le dispositif :

Élément Contenu chez KamaPay
Politique et procédure Définitions, grille de gravité adaptée (incluant la fraude), circuit de déclaration
Registre des incidents Un enregistrement par incident : date, gravité, actifs, cause, impact financier, clients touchés, déclarations effectuées, actions, statut
Reporting Mensuel au comité opérationnel ; trimestriel au comité de sécurité et au comité des risques ; immédiat pour tout P1
Déclarations externes Calendrier par autorité (régulateur, autorité de protection des données, agence nationale, maison mère, banques partenaires)
Exercices Un exercice sur table par semestre, dont un avec la direction
Amélioration Chaque RETEX alimente le registre des risques et le plan d’action

Exemple de reporting trimestriel au comité des risques

Section titled “Exemple de reporting trimestriel au comité des risques”
Indicateur T1 T2 T3 Tendance
Incidents déclarés (tous niveaux) 42 37 51 ↗
dont P1 / P2 1 / 4 0 / 3 1 / 5 →
Pertes nettes liées à la fraude (M FCFA) 38 31 27 ↘
Délai moyen de détection des P1/P2 3 h 10 2 h 20 1 h 05 ↘
Incidents déclarés hors délai à une autorité 1 0 0 ✅
Actions de RETEX en retard 6 4 2 ↘

Prochaine étape : Un contrôle, plusieurs référentiels →